La Pierre au trésor

La Pierre au trésor

(Néolithique)

La pierre au trésor est un dolmen de 3m de long sur 2m de large.
Il est situé à quelques dizaines de mètres à l’ouest de la RD 177 en haut de la côte de Chennedet (Coupe N° 78).
C’est à ce niveau-là que se trouvait le canon allemand qui, le 2 Août 1944, tira sur le char américain entraînant la mort du soldat WILSON.

Contrairement à ce que pourrait laisser entendre son nom, aucun trésor n’a été découvert à cet endroit.

(Pour ce rendre près de ce dolmen, il convient de se stationner sur le parking du carrefour de chennedet, côté Est, et emprunter le circuit de randonnée de “longue Noë” sur 400m environ. Le dolmen est signalé dès le parking)


La Pierre au trésor

Le Cordon des Druides

Situé au nord de la route qui relie le carrefour de Chennedet au carrefour du père Tacot(Coupe N° 73, 75 & 77), cet alignement mégalithique, de trois cents mètres de long, est constitué de 70 ou 80 blocs de quartz. Le plus haut s’élève à environ 2 mètres.

D’où viennent ces blocs puisqu’ils ne se trouvent pas naturellement dans le secteur ? Qu’elle est l’origine et la raison d’une telle construction ?
Pour de nombreux historiens, l’origine religieuse semble la plus plausible. En dépit de son appellation, ce site ne date pas de la période celte, ces pierres ayant ainsi été disposées, à l’époque néolithique.

    

La Pierre Courcoulée

(Néolithique)
A l’origine, dix ou douze piliers soutenaient cette énorme pierre de granit qui pour sa mise en place avait dû demander des trésors d’ingéniosité et de nombreux bras fort puissants. Elle est également appelée Pierre des Huguenots.
Aujourd’hui elle est brisée en deux. Elle se situe, non loin du carrefour du Poulailler, à droite de la route forestière, dite “chemin de clairdouet”, qui relie ce carrefour au carrefour des Serfillières (Coupe N° 33).


 

La Croix de Recouvrance

Il serait plus juste de parler des Croix de Recouvrance.

Situées toutes les deux sur le bord de la R.D. 177 aux deux extrémités de la forêt, l’une se trouve près de la Verrerie sur le territoire de Laignelet, à l’entrée de Fougères, l’autre à Landéan.

La croyance populaire veut que ces Croix aient été érigées à la suite d’un voeu. Une fillette s’étant égarée dans la forêt, son père s’était engagé à ériger une Croix à chaque extrémité de la forêt s’il retrouvait son enfant. Ayant été exaucé, le père, fidèle à sa promesse, fit éléver ses deux Croix sur lesquelles est gravé : Croix de recouvrance – 1769.

La Croix située à Landéan fut le théâtre d’un évènement qui allait avoir un grand retentissement lors de la période révolutionnaire.
Ainsi le 19 mars 1793, plusieurs centaines d’hommes et de jeunes gens (ils étaient estimés à 7.000 sur le district) se rassemblèrent à Landéan pour dire leur refus de la conscription décrétée par la Convention nationale. Ainsi était née ce qu’on appellera la “révolte de la Saint Joseph”.

A l’origine, cette Croix était située face de la maison forestière de la Croix de Pierre. Le 3 juin 1993, à l’occasion des travaux d’aménagement de la RD 177 à l’entrée de l’agglomération, elle fut déplacée de quelques dizaines de mètres, pour des raisons de sécurité, et également pour en faciliter l’accès pour les automobilstes qui voulaient s’y arrêter.
Le conseil municipal, dans sa séance du 15 juin 1993, en prit acte au moyen d’une délibération.

Les Celliers

Les Celliers de Landéan sont situés en Forêt à quelques centaines de mètres de l’agglomération (Coupe N° 13). Cette construction souterraine fut réalisée au XIIème sciècle par Raoul II, baron de Fougères, afin de mettre à l’abri ses richesses et les protéger lors des invasions anglo-normandes et ainsi les soustraire aux troupes d’Henri II d’Angleterre.

Dans l’ouvrage d’André Serrand et de Claude Graton, à la page 127 et 128, nous pouvons lire le compte-rendu de la visite des Celliers en 1841 par Prosper Mérimée, alors inspecteur des bâtiments historiques.

« Nous sommes allés visiter quelque chose qu’on nomme les Celliers de Landéan. Au milieu d’un bois, il y a un grand trou, dans ce trou une arcade et un peu de maçonnerie en larges briques, et sous cette arcade un trou noir avec beaucoup d’eau et de grenouilles. Suivant les uns, ce trou est l’ouverture d’un souterrain qui aboutit à Fougères à 10 kilomètres de Landéan, suivant les autres c’est une salle de bains romains, un balnéaire comme dit M. de Gerville. J’ai cru que le moment était venu de m’exterminer pour les monuments historiques, et j’ai acheté sans hésiter trois chandelles à Landéan pour la somme de 30 centimes, puis je me suis mis nu comme la main, sauf un gilet de flanelle pour la décence, puis j’ai franchi l’arcade, et je me suis trouvé dans trois pieds d’eau à la température de 8°, sous une voûte romaine en berceau, parfaitemant revêtue de ciment très fin, et renforcée par 11 arcs doubleaux. Cela a 15m sur 6, aucune autre ouverture que l’arcade étroite qui sert d’entrée. Vous dire à quoi cela servait, je ne puis. Les arcs doubleaux ne sont pas revêtus de ciment, comme ce devrait être le cas si cette salle avait servi de réservoir ; cela est bien certainement romain, mais pas le moindre vestige de construction à l’entour.

J’oubliais de vous dire qu’au milieu de la voûte il y a une espèce de soupirail carré, bouché aujourd’hui par des éboulements. Le sol paraît très exhaussé par du sable et des souches d’arbre, mais le fond de la salle est très profond. J’ai sondé avec une perche de sept pieds inutilement, et n’ai pas cru prudent de me mettre à la nage. Après avoir mesuré arcs et murailles, je suis revenu à la lumière transi et violet. Avant d’entrer, j’avais fait un testamentum militaire entre les mains de Constant, et j’envoyais mes dernières paroles à la commission. Vous voyez que ce ne sont pas les dernières. Je n’ai pas gagné de rhume, mais seulement une piqûre de quelque bête inconnue habitant ce repaire, qui m’a fait une ampoule à la cuisse gauche, laquelle sauf votre respect ressemble aujourd’hui à une colonne de l’ordre dorique de Poestum, aux cannelures près s’entend, je parle que de la grosseur. N’y aurait-il pas moyen de me procurer une indemnité pour cette enflure, et ma grandeur d’âme à me mettre à l’eau ? »

André SERRAND rapporte aussi qu’en 1795, un ingénieur écrit à son administration :

« Considérant que les anciens ouvrages connus sous le nom de celliers de Landéan, ne sont actuellement d’autre untilité, qu’ils peuvent même offrir une retraite dangereuse à des hommes mal intentionnés, est d’avis qu’il soit procédé à la démolition pour en extraire la quantité de pierres de tailles et autres matériaux. »

Heureusement, les Chouans en empêchent la destruction. En 1912, les Beaux-Arts décidèrent de restaurer et d’assainir cet ouvrage. Plus tard, un éclairage fut installé afin de permettre aux nombreux visiteurs de découvrir l’intérieur des Celliers au travers de la grille en fer forgé qui en ferme l’entrée. Les Celliers étant un lieu d’hibernation pour de nombreuses chauves-souris, l’éclairage est en fonctionnement uniquement de Mai à Septembre.

La Voie Romaine

Cette ancienne voie romaine est mentionnée dans l’ouvrage écrit par Etienne AUBREE imprimé en 1930 : « LA TOURGUE de Victor Hugo dans la forêt de Fougères. »

“Chemin Mellouin” jusqu’à la D 108 (route de Parigné), elle prend le nom de “voie romaine de Nantes à Bayeux” sur le plan joint de la forêt de Fougères.

S’il est difficile de percevoir l’emprise de certaines portions en forêt, la partie située, entre la route qui relie le carrefour de Chennedet au carrefour des Serfillières et la route des Celliers à l’endroit où elle est traversée par le ruisseau de Clairdouet reste de nos jours facile à reconnaître. La végétation y a repris ses droits, mais les talus qui en limitaient l’emprise de chaque côté sont très facilement repérables.

La croix du Fouteau du Poulailler

Fouteau : Du diminutif latin fagitellusfogustellum, dérivé du latin fagus « hêtre ». En galo, ce mot se prononce : « feutiaou »

La Croix du Fouteau du Poulailler se situe à 150m du carrefour du poulailler en direction du Gué au Merle sur la route des Courbes (Coupe N° 35).
A cet endroit se trouvait un fouteau nommé « Fouteau du poulailler » parce qu’entre ses racines se trouvait toujours des oeufs déposés par des personnes qui lui attribuaient des pouvoirs de guérison, de réussite dans la vie amoureuse ou professionnelle. Après avoir fait le tour de l’arbre avec une branche de houx à la main, la personne faisait une offrande. Pour combattre ces rites payens, l’église fit ériger une croix en lieu et place.
En bois à l’origine, elle fut remplacée, en 1937, avec le concours de la société archéologique de Fougères, par une croix en granit provenant de l’ancien cimetière de Landéan.

  

Eglise Saint Pierre et Saint Paul

Il est fait mention de cette église prieurale dès le XIIème siècle.

Le père Roger BLOT, prêtre du diocèse de Rennes chargé du patrimoine religieux, la décrit et en relate les principales étapes dans le document qui suit. Les églises de Landéan, de Mellé et du Ferré ont en commun la structure gothique “d’église-route” (avec autrefois un clocher-mur en façade), la mise en forme de croix à l’époque classique et la mise à nu à partir des années 40. Nous en ferons les trois piliers d’un itinéraire austère mais dense sur les marches de Bretagne, dans ce pays au delà de Fougères qu’on appelait “le désert vert”.

Une fausse simplicité

L’église de Landéan doit probablement son patronage à l’abbaye St Pierre de Rillé qui y nomma des prieurs-recteurs du XIIème jusqu’à la Révolution (1). Comme adossée à la forêt de Fougères, elle paraît toute simple. Pourtant sur les six fenêtres ouvrant sur le sud, deux seulement sont d’origine et trois ont été réemployées (2). Les contreforts des côtés et la petite fenêtre près du baptistère se souviennent du temps (XIVème ou début XVème) où le clocher était encore en haut de nef. A la fin du XVIème fut refait le pignon ouest, peut-être roman, avec un clocher-mur caractéristique qu’on appelait au XVIIIème un “campanier”. Le mur sud de la nef peut dater du XVIème, ainsi que la superbe charpente à sept pans retenue par des tirants à engoulants (3). La vieille sacristie au nord du choeur était peut-être d’abord une chapelle seigneuriale du XVIIème. Un porche, converti en baptistère fin du XIXème, subsita jusqu’en 1950. L’église trouva un nouvel équilibre au début du XIXème : sacristie neuve vers 1805, clocher en bois et ardoises en 1826, coiffant peu élégamment le pignon ouest (sans mériter le terme d’affreux que lui donna Guillotin de Corson), mise en place de deux chapelles latérales terminées en 1833, en même temps que l’on consolidait le chevet. La chapelle nord et une partie de ce chevet furent faîtes avec les pierres de la vieille sacristie. Le mobilier du XVIIème est bien connu par un rapport de J.M. Thomas, recteur originaire du pays (en mairie), et celui du XIXème par le livre de la paroisse n°1, pour l’instant égaré. On trouve aussi des cartes postales… Le rétable Louis XVI était fort élégant et ses statues probablement d’origine. Des fonds baptismaux donnés au XVIIIème sont dans le jardin du presbytère. Les actuels datent des années 1840, de même que les cloches et les trois autels de marbre qui achevèrent les travaux d’agrandissement.

Un esprit cistercien

En 1950, fût engagée une “restauration” radicale. Le maire et l’abbé Placé s’adressèrent à H. Perrin, un enfant du pays (natif de Louvigné du désert) qui avait construit l’église Ste Thérèse de Rennes. On commença par refaire une magnifique voûte en châtaignier. Hélas, dès lors qu’on mis les murs à nu, l’ensemble ne cadrait plus du tout avec le caractère de simplicité primitive retrouvé par la vieille église (livre de paroisse n°2). Presque tout disparut, le retable “avec hésitation”, les deux petits “pitoyables”, toutes les boiseries, le chemin de croix, les confessionnaux, les stalles, la chaire… Il serait facile d’être sévère. C’était l’esprit du temps, entre guerre et concile. La politique de réhabilitation des rétables n’avait pas encore été engagée par les beaux-arts. Très typique de cette soif d’essentiel est la composition dessinée par H. Perrin pour le mur du chevet. Sous une croix de Pontmain (en fonte) encadrée par Pierre et Paul (4) peints en blanc, on avait simplement gravé ces mots “IL NOUS A AIMES”. Les trois autels, en granit, furent dessinés avec soin, ainsi que les portes, les confessionnaux, les stalles… Dans ce monde du gris il faut trouver le rouge, discret. Les vitraux très saturés et précieux de l’Atelier Mauméjean de Paris, avec leur dominante jaune, n’étaient déjà pas dans l’esprit des murs rejointoyés au ciment gris “à dos d’anguilles”. Quelques années plus tard, deux statues de bois de V. Bigot de Rennes, savoureuses, apportèrent un peu d’optimisme : une Ste Anne en petite vieille de la campagne et un jeune Joseph digne des “fêtes de la terre”.

(1) Maupilé faisait dériver Landéan du breton lan, territoire sacré et déan doyenné. Il croyait la paroisse antérieure aux invasions normandes. Les historiens actuels pensent plutôt à un dérivé de lande, lié au défrichage des forêts par les moines.

(2) Les fenêtres des chapelles viennent par exemple de la chapelle ST François en forêt de Fougères (1950). L’une est du XVème, l’Autre, sa copie du XIXème…

(3) Tirant ou entrait : poutres entre les sablières. Engoulant : extrémité de ces poutres en forme de têtes de crocodile.

(4) Neufs (en plâtre). Les autres statues s’étaient cassées dans la destruction du rétable.

La Pierre Courcoulée